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Les médias sociaux créent des troubles psychologiques chez nos ados

8 août 2011

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http://www.gizmodo.fr/2011/08/08/les-medias-sociaux-creent-des-troubles-psychologiques-chez-nos-ados.html

Par Florence

Les interactions entre adolescents et réseaux sociaux sont sujettes à beaucoup de critiques depuis l’avènement des réseaux. Chaque semaine, au moins un fait prouve que les réseaux peuvent conduire à de graves dérives (sexuelles, morbides, criminelles…). L’ American Psychological Association a voulu exposer une étude objective présentant les points négatifs et positifs de l’alliance entre ados et réseaux.

« Poke Me: How Social Networks Can Both Help and Harm Our Kids » est donc une présentation encadrée par le docteur Larry D. Rosen. Cette recherche se veut nouvelle, car elle ne dénombre pas les risques généraux liés à l’utilisation excessive des réseaux. En réalité, c’est l’approche psychologique qui y est privilégiée. À savoir cependant que ces affirmations sont des cas généralement extrêmes, chez les adolescents interrogés seules des tendances sont ressorties.

Ainsi, Rosen a constaté que les adolescents qui utilisent Facebook fréquemment sont amenés à devenir plus narcissiques que leurs comparses moins friands de réseautage. Ce trouble peut même aller plus loin dans certains cas. C’est-à-dire que des comportements antisociaux, des troubles obsessionnels et des tendances agressives peuvent apparaitre.

Le narcissisme est induit par la gestion d’un profil, mais surtout de son image personnelle. On choisit les informations que l’on a envie de divulguer et uniquement celles-ci. Il s’agit d’un travail quotidien récompensé par un maximum de « like » de vos « amis ». L’adolescent se met en avant et on l’en félicite, difficile de ne pas devenir un brin nombriliste.

La sur-utilisation quotidienne des médias sociaux a également un effet avéré sur la santé des ados. Elle les rend plus fragiles émotionnellement et surtout à plus long terme, cela peut induire des dépressions et une grande anxiété.

Là encore, c’est un cas extrême, mais Facebook est le miroir d’une vie sociale. Pour un adolescent un tantinet timide, assister à la  vie sociale remplie de ses camarades peut renforcer le sentiment d’isolement.

Facebook propose une vision biaisée de la réalité, mais pendant la phase d’acceptation de soi, typique de l’adolescence, les plus jeunes se morfondent sans voir la différence entre réel et virtuel. Comme c’est à cet age qu’ils font leurs armes pour leur avenir, ces ados deviendront anxieux et peu sûrs d’eux. De plus être sur Facebook c’est s’exposer à la critique quotidienne, ce qui peut être pesant lors d’une phase de construction.

Facebook est extrêmement consulté par de nombreux adolescents. Ceux qui consultent leur compte toutes les quinze minutes pendant leur devoirs ont des notes moins élevées que ceux qui n’y attachent pas ou moins d’intérêt. Ici la raison est assez simple, si vous avez le choix entre vous concentrer pour apprendre une leçon ou suivre vos amis sur Facebook, à l’adolescence la réponse est évidente. Facebook est une distraction mais ce n’est pas pire que la télévision.

On peut également ajouter à cette étude, l’augmentation de la culture du voyeurisme. Dans son ouvrage, « The Peep Diaries », le Torontois Hal Niedzviecki parle de cette « culture de voyeurs », qui permet à des gens ordinaires de se divertir grâce à d’autres gens ordinaires. Ainsi, une curiosité parfois malsaine pourra naître dans certaines personnalités.

Il reste un point important à souligner, celui du paradoxe des réseaux. À force de maximiser les relations virtuelles, on délaisse celles de la vie réelle. Une sur-utilisation des réseaux peut donc aboutir à un isolement plus ou moins important. Des cas d’agoraphobie ont été induits par l’utilisation des réseaux

Entendons nous bien, il s’agit ici de cas extrêmes, mais qui existent à plus ou moins grande échelle. Relativisons donc, car les réseaux apportent aussi leur lot de points positifs, il ne faut pas être paranoïaque, c’est principalement l’utilisation excessive et sans éducation qui crée des problèmes.

Ainsi, bonne nouvelle, les réseaux sociaux rendent leurs utilisateurs plus aptes à l’empathie. En effet à se renseigner sur les problèmes ou joies des uns ou des autres, l’adolescent développe et comprend l’intérêt d’être à l’écoute. Par ailleurs, puisque ses amis sont également là pour lui, il sera plus enclin à construire des relations basées sur une écoute réciproque.

Le réseautage social aide les adolescents introvertis à se socialiser. L’écran représente une sécurité, que ce soit sur un ordinateur ou sur un Smartphone. En passant outre leur timidité grâce à un bouclier virtuel, celle-ci se fera de plus en plus discrète au fur et à mesure des années. L’adolescent se rendra compte que le dialogue et la communication sont des facteurs primordiaux et qu’il n’est pas si difficile d’interagir. Bref, il gagnera de la confiance en lui.

Enfin les réseaux, s’ils sont convenablement usités, offrent de nouvelles approches pédagogiques, avec un enseignement plus interactif et donc plus motivant.

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux sont accessibles à tous et utilisés notamment par les adolescents quelle que soit leur origine sociale. Les jeunes pourraient présenter leurs réalisations, leurs groupes d’échanges, la façon dont ils créent leurs connexions. Sous l’angle de travaux pratiques, des groupes d’élèves pourraient travailler ensemble sur des projets en utilisant les réseaux sociaux pour leur diffusion. Il n’y a rien de négatif à cela.

On peut également ajouter, le coté culturel des réseaux, ceci sont de véritables plateformes de contenus, liens, idées, vidéos, ce qui permet somme toute d’augmenter sa culture. Tout n’est pas qu’hérésie ou futilité sur un réseau.

Lors de cette conférence, le docteur Rosen a insisté sur le fait qu’interdire les médias sociaux était inutile, pour la simple et bonne raison que les adolescents trouveront toujours un moyen de s’y rendre.  Il encourage plus la relation de confiance et la communication. De cette façon si un enfant se retrouve confronté à une intimidation quelconque, des insultes ou des images choquantes, il sera plus à même d’en parler.

En somme, les qualités des réseaux sont exactement les mêmes que leurs défauts. Plus de narcissisme d’un côté, mais moins de timidité de l’autre, curiosité malsaine contre empathie … Chacun possède une approche différente du réseautage, chaque dérive est à prendre au cas par cas. Une utilisation des réseaux sans heurts et tout à fait possible, tout est une question de prise de conscience et d’éducation. Les réseaux sont loin d’être les monstres dépeints dans beaucoup de médias.

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